ARTS
ET CULTURE
Festival
Moussa invite
à Rufisque
: Une semaine de films documentaires en plein air
Sources:
Walfadjri
Le Festival Moussa qui se joue, du 12 au 17
juillet, en plein air au jardin public de Rufisque, sera parrainé cette
année par Coumba Gawlo Seck qui prend le relais d’Ismaïla Lô et de
Youssou Ndour - les parrains des deux dernières éditions. La présente
édition sera un beau cocktail de musique et de films.
Le cinéaste Moussa Touré organise, en collaboration avec la mairie de
Rufisque, le Festival Moussa invite, du 12 au 17 juillet, au jardin
public de Rufisque. Ce partenariat avec la mairie de Rufisque permettra
d’y inclure les festivités de l’hommage qui sera rendu les 11, 12 et 13
juillet, à Ndèye Déthié Diouf et à El Hadj Doudou Keita, d’illustres
fils de la vieille ville. Le Festival Moussa qui se joue en plein air,
sera parrainé cette année par Coumba Gawlo Seck qui prend le relais d’Ismaïla
Lô et de Youssou Ndour - les parrains des deux dernières éditions.
‘Chaque année, nous nous rapprochons d’un musicien, car pour nous, le
cinéma et la musique sont indissociables. De la même manière que la
musique draine une foule, le cinéma draine également une foule’,
explique Moussa Touré.
Le festival de cette année sera un mélange de musique et de films et
verra la participation des artistes rufisquois Gorgui Ndiaye, Mame Goor,
mais aussi des artistes venant d’autres régions : Samba Diabaré Samb,
Shoula, des rappeurs et des invités surprises… Quinze films seront
présentés pendant ce festival, dont certains sont peu connus des
Sénégalais. Le samedi 12 juillet, jour de l’inauguration, sera montré
aux spectateurs ‘Ndeppe’ de la jeune rufisquoise Daro Sarr, ce sera à 20
h. Ces spectateurs pourront, en outre, découvrir l’hommage à Doudou
Keïta et Ndéye Déthié Diouf, fille de Ngalandou Diouf, qui sera suivi du
dernier film de Moussa Touré produit en Inde et intitulé Xalibeut qui
signifie en wolof (les yeux grands ouverts).
Le lendemain, dimanche, les festivaliers pourront visionner Binta y la
grand idea de l’Espagnol Javier Fess. Zimbabwe, de la libération au
chaos de Michel Reburn signera aussi son retour, après une forte demande
du public qui l’a découvert l’année dernière. Deux autres films
sénégalais Tontine de Ngoné Owens et Passion de Mamadou Fall seront
livrés au public le lundi 14 juillet. Ils seront suivis de House of love
de Cécil Moller. Et le mardi 15 juillet, les Rufisquois pourront
découvrir Kora fola du sénégalais Abdoulaye Cissé et Inshalla Europa de
David Fonséca. Le lendemain, le film Khor d’un autre sénégalais, Pape
Samba Gaye, sera montré au public de la vieille ville. Rafah, chronique
dans la bande de Gaza de Stéphane Marchetty et Alexis Monchodet
clôturera cette avant-dernière journée du festival.
La dernière journée sera consacrée au film du maître d’œuvre du
Festival, Moussa Touré, Tgv qui permettra d’introduire un film de
fiction dans les séries de documentaires. Comme toujours, les
documentaires se taillent la part du lion dans ce festival. Pour Moussa
Touré, il est temps que le public africain s’approprie ce genre qui, non
seulement, est le plus accessible, mais est le genre le moins cher pour
le producteur. ‘Les Africains connaissent le documentaire, ils le vivent
dans leur famille. Avec le documentaire, les cinéastes parviennent à
s’adresser aux peuples. Il faut que les jeunes accèdent au documentaire’
soutient Moussa Touré qui en est à son 30e film documentaire.
Le festival est aussi une école de formation pour des jeunes cinéastes.
’Ce n’est pas seulement un festival de documentaire, mais un cadre où
l’on forme des jeunes aux métiers du cinéma. Nous leur montrons le sujet
à traiter, la réflexion qu’il faut dans la société’, clame Moussa Touré.
Ainsi, comme par le passé, des jeunes Rufisquois seront formés aux
rudiments du documentaire. Et comme l’année dernière, dix jeunes seront
formés aux métiers de gestionnaire culturel par un professeur catalan,
Marie Hélène Valpesta. ‘Ces jeunes ainsi formés iront dans les grands
festivals en Europe pour se perfectionner. L’année prochaine, nous
allons assurer la formation des jeunes musiciens’, dit l’un des
cinéastes les plus primés du Sénégal.
Moussa TOURE (Cinéaste) : ‘Je ne demanderai plus rien au ministère de la
Culture’
Le technicien du cinéma, Moussa Touré, est catégorique : il ne demandera
plus rien au ministère de la Culture. Le motif est simple : ce ministère
ne donne que des sommes dérisoires aux cinéastes. ‘C’est la sixième fois
que j’organise ce festival, mais je ne travaille qu’avec mes propres
moyens. Une fois, j’ai reçu une subvention au dernier moment, mais très
dérisoire. Depuis, j’ai arrêté de demander une subvention à ce
ministère. Je ne demanderai plus rien au ministère de la Culture. Si le
ministère ne peut pas venir vers moi, je n’irai pas vers eux. Quand je
gagne un prix, c’est pour le Sénégal’, crie Moussa Touré. D’ailleurs, le
cinéaste croit que ses pairs et lui ne doivent plus rien attendre d’un
ministère où s’est installée une polémique autour d’une somme d’argent
donnée par le président Wade. ‘Je n’irai pas quémander au ministre de la
Culture. Nous allons nous débrouiller seul’, lance Moussa Touré.
Najib SAGNA
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