Babacar Ndoye, Babou pour les
potes est né à Rufisque en 1964.
Il s’initie très tôt aux
percussions comme tous les
jeunes lèbous de son âge en
organisant des séances de percus
à la plage de thiawlène pouyène.
Dans les années 70, il découvre
le blues et le reggae grâce à un
de ses frères qui avait la garde
de la chaîne à musique du club «
Black Power » de Merina.
En 1980, sa famille quitte le
populeux quartier de pouyène
pour s’installer à keury kao et
c’est à partir de ce moment que
tout change.
Il quitte le collège en 1986
pour suivre des cours de par
correspondance et aspire à
devenir chanteur et ingénieur de
son, inspiré qu’il était à
l’époque par les grands
reggaemen jamaïcains à l’instar
de l’excellent bassiste chanteur
Dénis Bowell.
Après une année de formation
théorique, il abandonne ses
cours qu’il jugeait incomplets
étant donné qu’il ne pouvait pas
les pratiquer du fait d’un
manque criard de studios
d’enregistrements, et se
consacre dorénavant à sa seule
passion qui est la musique
reggae.
En 1990, il fait la connaissance
d’un métis franco-sénégalais. Un
excellent soliste et reggaeman
de surcroît qui s’installe à
keury kao avec son association
le « Rio Fresco Expérience », à
quelques jets de pierres de la
maison de Babou.
En bons militants de la cause
sociale, ils œuvrent ensemble
pour le développement culturel
et l’aide à la scolarisation en
milieu rural et montent
parallèlement un groupe de
reggae feeling, le premier à
rufisque et se forgent une
réputation au niveau local.
Après quelques années
d’expérience au sein du groupe,
l’adepte de la musique de Jah
juge utile d’apprendre la
musique et décide de s’inscrire
au conservatoire.
Malheureusement, sa demande fût
rejetée à cause de ses Dread
locks. En effet, le nouveau
règlement intérieur de l’école
stipulait que dorénavant, les
coiffures rasta ne seraient plus
admises. Rebel, à l’image de son
idole Peter Tosh il refuse de se
plier au règlement et préfère
claquer la porte plutôt que de
se couper les locks.
L’enregistrement de sa première
maquette en 1996 avec les frères
Boye lui permet enfin de définir
des objectifs précis et de se
fixer des ambitions. La maquette
reçoit un accueil enthousiaste
du public et l’incite à entamer
une tournée promotionnelle qui
le mènera jusqu’en Gambie.
Cette nouvelle expérience du
showbiz décide Babou à se lancer
dans l’aventure des artistes
producteurs.
Il s’engage dans ce pari avec la
sortie de son premier album «
Sos éducation » qui a été
entièrement enregistré au studio
2000 de Dakar sous la direction
musicale d’un virtuose de la
basse Alassane Cissé (Alass)
chef de l’orchestre national du
Sénégal avec qui il joue depuis
les années 90.
Pour ce nouvel album le
reggaeman de Rufisque s’est
beaucoup inspiré de son idole
Peter Tosh et de Bob Marley, à
qui il emprunte un style engagé.
Cela se traduit dans l’album en
une diatribe contre les maires
de sa cité et d’autres. Les
thèmes sont chantés en Wolof,
Français, Anglais et en dialecte
Lébou.
Loin des boîtes à rythmes et des
samplers, le groupe de Babou
joue un reggae qu’on peut
qualifier de roots. Les
influences y sont multiples et
coexistent dans l’harmonie des
compositions de l’artiste. Dans
ce premier album, qui a fait
entrer Babou par la grande porte
on retrouve en toile de fond le
style classique qui fut couronné
dans les années 70/80 par Bob
Marley, Peter Tosh, Third World,
Steel Pulse.
Une fraîcheur sous-jacente à la
maturité et à la gravité des
thèmes abordés se dégage de cet
album. Là est la magie du reggae
de Babou et de son groupe.