Babacar Ndoye, Babou pour les potes est né à Rufisque. Il s’initie très tôt aux percussions comme tous les jeunes lèbous de son âge en organisant des séances de percus à la plage de thiawlène pouyène. Dans les années 70, il découvre le blues et le reggae grâce à un de ses frères qui avait la garde de la chaîne à musique du club « Black Power » de Merina.
En 1980, sa famille quitte le populeux quartier de pouyène pour s’installer à keury kao et c’est à partir de ce moment que tout change.
Il quitte le collège en 1986 pour suivre des cours de par correspondance et aspire à devenir chanteur et ingénieur de son, inspiré qu’il était à l’époque par les grands reggaemen jamaïcains à l’instar de l’excellent bassiste chanteur Dénis Bowell.
Après une année de formation théorique, il abandonne ses cours qu’il jugeait incomplets étant donné qu’il ne pouvait pas les pratiquer du fait d’un manque criard de studios d’enregistrements, et se consacre dorénavant à sa seule passion qui est la musique reggae.
En 1990, il fait la connaissance d’un métis franco-sénégalais. Un excellent soliste et reggaeman de surcroît qui s’installe à keury kao avec son association le « Rio Fresco Expérience », à quelques jets de pierres de la maison de Babou.
En bons militants de la cause sociale, ils œuvrent ensemble pour le développement culturel et l’aide à la scolarisation en milieu rural et montent parallèlement un groupe de reggae feeling, le premier à rufisque et se forgent une réputation au niveau local.
Après quelques années d’expérience au sein du groupe, l’adepte de la musique de Jah juge utile d’apprendre la musique et décide de s’inscrire au conservatoire. Malheureusement, sa demande fût rejetée à cause de ses Dread locks. En effet, le nouveau règlement intérieur de l’école stipulait que dorénavant, les coiffures rasta ne seraient plus admises. Rebel, à l’image de son idole Peter Tosh il refuse de se plier au règlement et préfère claquer la porte plutôt que de se couper les locks.
L’enregistrement de sa première maquette en 1996 avec les frères Boye lui permet enfin de définir des objectifs précis et de se fixer des ambitions. La maquette reçoit un accueil enthousiaste du public et l’incite à entamer une tournée promotionnelle qui le mènera jusqu’en Gambie.
Cette nouvelle expérience du showbiz décide Babou à se lancer dans l’aventure des artistes producteurs.
Il s’engage dans ce pari avec la sortie de son premier album « Sos éducation » qui a été entièrement enregistré au studio 2000 de Dakar sous la direction musicale d’un virtuose de la basse Alassane Cissé (Alass) chef de l’orchestre national du Sénégal avec qui il joue depuis les années 90.
Pour ce nouvel album le reggaeman de Rufisque s’est beaucoup inspiré de son idole Peter Tosh et de Bob Marley, à qui il emprunte un style engagé. Cela se traduit dans l’album en une diatribe contre les maires de sa cité et d’autres. Les thèmes sont chantés en Wolof, Français, Anglais et en dialecte Lébou.
Loin des boîtes à rythmes et des samplers, le groupe de Babou joue un reggae qu’on peut qualifier de roots. Les influences y sont multiples et coexistent dans l’harmonie des compositions de l’artiste. Dans ce premier album, qui a fait entrer Babou par la grande porte on retrouve en toile de fond le style classique qui fut couronné dans les années 70/80 par Bob Marley, Peter Tosh, Third World, Steel Pulse.
Une fraîcheur sous-jacente à la maturité et à la gravité des thèmes abordés se dégage de cet album. Là est la magie du reggae de Babou et de son groupe.
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