Forum
Rufisque | L’hôtel de ville de Rufisque a abrité les 25 et 26 Juin 2008 un Forum sur le Développement de la Culture et de l’Artisanat de cette localité.

Cette rencontre a été organisée par la Mairie de Rufisque en partenariat avec la Fédération des Acteurs Culturels de la ville. Les travaux se sont déroulés au sein de trois ateliers :

Atelier 1 : « Patrimoine et Tourisme culturel »
Atelier 2 : « Arts Vivants ».
Atelier 3 : « Arts Visuels et Artisanat ».
La cérémonie inaugurale a été présidée par Monsieur Ndiawar TOURE Député Maire de la ville, en présence des conseillers municipaux, des hommes et femmes de culture, des artistes et artisans et d’un nombreux public.

S’appropriant les termes de référence du forum, Monsieur TOURE a rappelé qu’au-delà du cadre formel et ponctuel de la rencontre, il est nécessaire que des consensus durables, inclusifs et participatifs puissent émaner des travaux de cette rencontre inédite. Cette importante convergence de vues sur les enjeux du forum et les solutions qui seront préconisées en réponse aux défis culturels qui interpellent toute la cité, devra être défendue de manière forte par l’ensemble des citoyens de la ville.

Auparavant, Monsieur Yérim SARR Président de la Commission Artisanat avait présenté au nom des membres de sa commission et des acteurs culturels ses remerciements les plus sincères à Monsieur le Député Maire de Rufisque. Il relèvera aussi pour s’en réjouir l’importance du forum comme espace de concertation longtemps souhaité par toute la communauté culturelle de la ville de Rufisque. Le Conseil Municipal, les collaborateurs du Maire et l’ensemble de la population ont été confondus dans ce témoignage de gratitude.

Enclenchant sur la même tonalité, Monsieur Sahite Sarr SAMB, coordonnateur du Forum et porte-parole de la Fédération des Acteurs culturels de la ville, a vivement félicité Monsieur le Député Maire pour sa récente promotion au rang de 6ème Vice Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal. Cela constitue pour tous les Rufisquois le couronnement mérité d’un parcours marqué par un engagement sans faille au service d’une ville et d’un pays.
Monsieur SAMB a ensuite essayé de camper le contexte socio culturel dans lequel intervient le forum en déplorant les multiples contraintes qui bloquent l’émergence de la ville de Rufisque.

Cette dernière jadis ville carrefour au dynamisme économique et culturel incontestable, est devenue au fil du temps un simple de lieu de transit entre la métropole Dakaroise et l’intérieur du Sénégal.

Conscients de cet état de fait qui est un handicap majeur pour le développement intégré et durable de Rufisque, les acteurs culturels locaux ont pris l’initiative d’organiser ce forum pour interroger le présent et se projeter vers un futur proche porteur d’espérances culturelles.

Les travaux des ateliers ont démarré dans l’après midi du 25 juin à partir de 15 heures.

Haut de page

1. ATELIER « PATRIMOINE ET TOURISME CULTUREL »

• Président-Modérateur : Mbaye Bassine DIENG, Inspecteur des Sites et Monuments Historiques au Ministère de la Culture, du Patrimoine Historique Classé des Langues Nationales et de la Francophonie (MCPHCLNF).

• Rapporteur : Souleymane NGOM, Conseiller Technique au MCPHCLNF.

L’Atelier a écouté respectivement les communications présentées par :
- Pape Mama SABARA, Président du Syndicat d’Initiative et de Tourisme
de Rufisque.
- Monsieur Momar SOUARE, Directeur des Services Techniques Communaux.
- Monsieur Amadou FAYE, de la Direction du Patrimoine culturel.

Monsieur SABARA a proposé au forum quatre perspectives d’analyse :

- Le Patrimoine, facteur de développement économique.
- La Ville et la Culture.
- Le Patrimoine de Rufisque.
- Tourisme culturel et Patrimoine.
D’emblée le conférencier a tiré sur la sonnette d’alarme quant aux périls liés aux tendances d’uniformisation des cultures induits par le phénomène de mondialisation. Pour faire face à de telles dérives Monsieur SABARA a préconisé la valorisation des ressources culturelles endogènes des communautés. La communication a aussi mis en évidence l’ambivalence du terme patrimoine qui recouvre à la fois une réalité culturelle et économique. C’est pourquoi, le patrimoine bénéficie d’une attention particulière des investisseurs publics et privés. Cependant il faut noter que la sauvegarde du patrimoine urbain doit se baser sur une interactivité entre plusieurs facteurs ; la restauration d’un centre historique classé doit donc faire appel aux ressources et expertises locales.

Dans une telle perspective qui de l’homme ou de l’environnement doit être privilégié ?

La réponse intégrera les deux entités qui sont en réalité fortement interdépendantes.

Le second axe de l’analyse du conférencier a reflété la centralité de la ville dans tous les processus modernes de création et d’innovation culturelles. Les rencontres culturelles comme les foires, festivals et carnavals sont des opportunités pour le développement local de l’économie et de la culture.

Dans son troisième axe d’analyse, le conférencier a donné des informations utiles sur la réalité du patrimoine de la ville de Rufisque. A travers un bref historique, il a mis en valeur les étapes majeures de l’évolution de cette localité qui a été érigée en commune le 12 Juin 1880. Ainsi Rufisque s’est dotée au cours de son histoire d’édifices à l’architecture majestueuse.

De nos jours, ce riche patrimoine qui est mal connu, se trouve dans un état de délabrement fort avancé. Cette évolution négative doit être endiguée par des mesures vigoureuses de sauvegarde et de valorisation.

La mobilisation de toutes les énergies de Rufisque s’impose afin de redorer le blason de cette ville pour l’ériger en un haut lieu d’excellence pour le tourisme culturel. C’est pour réussir un tel pari que le Syndicat d’Initiative et de Tourisme de la ville a soumis à la Direction du Patrimoine culturel un projet d’inscription du Vieux Rufisque sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO.

A la suite de Monsieur SABARA, il est revenu à Monsieur SOUARE, Directeur des Services Techniques Communaux de faire un plaidoyer sur le patrimoine qui est une réalité complexe et multidimensionnelle.

C’est pourquoi sa gestion peut parfois revêtir un caractère ambigu et / ou ambivalent. A côté des exemples de gestions réussies, il existe des cas mal maîtrisés qui ont induit des contraintes physiques et financières.

Le communicateur a ensuite apporté des éclairages sur la signification du terme patrimoine. Une première approche permet en effet d’identifier le patrimoine d’une ville à ses biens immeubles et mobiliers, tandis qu’une seconde propose une perception plus totalisante qui englobe tout le système urbain. Cette dernière permet d’ailleurs d’établir une interaction entre le tourisme et le patrimoine qui sont des sources alternatives de revenus et d’emplois pour les populations.

Pour exploiter un tel potentiel économique il faudrait prendre un certain nombre de dispositions préalables comme :

• Améliorer le cadre de vie urbain par : l’assainissement de tous les quartiers, la création d’une rocade pour faciliter la mobilité urbaine, l’érection d’une digue de protection pour contrecarrer l’érosion côtière et l’avancée de la mer.

• Favoriser la concertation entre tous les citoyens de la ville.

Monsieur Amadou FAYE de la Direction du Patrimoine culturel s’est quant à lui intéressé en particulier à l’histoire de la ville dont la toponymie renvoie à l’expression Portugaise « Rio Fresco ». En 1862, la ville était déjà organisée en une structure dualiste : l’escale et les quartiers traditionnels. L’escale se caractérise par une architecture coloniale avec la présence particulière de grands hangars construits avec la « pierre de Rufisque ».

Malgré l’existence de menaces réelles, la situation du patrimoine à Rufisque n’est pas alarmante. Cependant les règlements qui organisent les interventions sur le patrimoine ne sont pas souvent respectés. Qui plus est, on note une forte spéculation immobilière au niveau de la ville. Monsieur FAYE a étayé son argumentaire par une projection vidéo sur la liste indicative des monuments classés de Rufisque.

A la suite de ces différentes communications des débats riches et contradictoires ont été engagés. Les différents intervenants sont revenus sur les principaux problèmes constatés sur le terrain.

L’ensemble de ces problèmes analysés ont conduit à la formulation des recommandations jointes en annexe.

Haut de page

2. ATELIER « ARTS VIVANTS »

• Président-Modérateur : Yakhya NDOYE, Conseiller Technique au MCPHCLNF.

• Rapporteur : Abibou COLY, de la Direction du Livre et de la Lecture du MCPHCLNF.

L’atelier a enregistré la participation de plusieurs professionnels du théâtre, de la musique et de la danse. La communication de Mame Birame DIOUF a servi de fil conducteur pour la réflexion et les débats. A l’entame de son propos, Monsieur DIOUF a fait un état des lieux et un historique du sous-secteur des arts vivants en établissant une comparaison entre la période faste des « 4 communes » et le contexte actuel marqué par une réelle crise structurelle.

La promotion des arts vivants à Rufisque est surtout pénalisée par la quasi inexistence d’espaces et de dispositifs de production et de diffusion. Il existe aussi au sein des acteurs un déficit de formation et de professionnalisation. Le conférencier a cité la Charte Culturelle du Sénégal dans laquelle on évoque avec force la question de la formation qui doit être un critère essentiel pour assainir les pratiques artistes et culturelles afin d’assurer une production d’œuvres de qualité.

Il a aussi suggéré une approche originale pour améliorer les comportements des populations qui doivent participer de manière positive à la gestion de leur cité. En fait il s’agit de mettre en valeur par l’expression culturelle les éléments de base de l’éducation traditionnelle qui avaient comme source de transmission les « Pëncc » et l’ensemble des manifestations qui participaient à l’expression des éléments du patrimoine immatériel.

En conclusion, Monsieur DIOUF a invité tous les acteurs et militants de la culture de Rufisque à mutualiser leurs efforts et expertises pour procéder à la formulation d’une politique culturelle locale porteuse d’un réel développement endogène.

Au cours des débats, les participants ont surtout insisté sur la nécessité de mettre en œuvre une action culturelle fondée sur la concertation entre la municipalité, les acteurs culturels locaux et les différents partenaires de la (Ministère de la culture, du patrimoine historique classé, des langues nationales et de la francophonie, et coopération décentralisée). En ce qui concerne la formation, l’atelier a considéré qu’elle doit être une priorité dans les futures actions à entreprendre.

L’ensemble des problèmes analysés au sein de cet atelier ont conduit à la formulation des recommandations jointes en annexe.

3. ATELIER « ARTS VISUELS ET ARTISANAT »

• Présidents-Modérateurs : Lamine GUEYE de la Chambre des Métiers de la Région de Dakar et Alassane CISSE, du FESMAN / MCPHCLNF.

• Rapporteur : Oumar DIA, de la Chambre des Métiers de la Région de Dakar.
Dans sa communication introductive pour les réflexions et débats de cet atelier, André Doudou NDIAYE a procédé à une revue succincte et exhaustive des contraintes qui entravent au niveau local la promotion de ces deux sous secteurs. Les échanges entre les participants se sont ensuite déroulés dans le même style qui a consisté à lister un certain nombre de recommandations pratiques annexées au présent rapport.
La cérémonie officielle de clôture du forum s’est déroulée le 26 Juin à
19 h 15 mn sous la présidence de Monsieur Mamadou DIALLO, Conseiller Municipal, Représentant du Député Maire de la Ville de Rufisque. Dans son discours de clôture Monsieur DIALLO a surtout insisté sur le suivi des recommandations et propositions du forum. C’est pourquoi, il a marqué son adhésion à l’idée d’établissement d’une convention de partenariat entre la Ville de Rufisque et la Fédération des Acteurs culturels.

Fait à Rufisque le 26/06/2008


LE FORUM


ANNEXE I

ATELIER 1 « PATRIMOINE ET TOURISME CULTUREL »

RECOMMANDATIONS

- Délocaliser le marché central situé dans le « Vieux Rufisque ».
- Assainir et aménager la zone côtière en impliquant les ASC et OCB de la
Ville.
- Apporter un appui à toutes les initiatives visant à améliorer le cadre de
vie.
- Soutenir les initiatives de promotion du tourisme.
- Elaborer un Agenda Culturel annuel de la ville.
- Inscrire le Ndepp annuel et le Rite de procession de Mame Coumba LAMBA dans l’Agenda culturel National.
- Elaborer une Charte pour la Sauvegarde et la Valorisation du patrimoine de la ville.
- Mettre au service de la ville un architecte conseil.
- Mettre en place une structure ou un dispositif de gestion de l’action culturelle de la ville.
- Faire l’inventaire architectural et urbain du « Vieux Rufisque ».
- Réactualiser la cartographie et le plan cadastral de la ville.
- Doter la ville d’un Agenda 21.
- Mettre en place un Comité de Concertation Technique sur le Patrimoine et le Tourisme.
- Elaborer un règlement d’architecture pour les constructions dans le « Vieux Rufisque ».
- Mettre en place une signalitique pour les sites , monuments et lieux de mémoire de la ville.
- Mettre en valeur la maison de l’écrivain Ousmane Socé DIOP (en accord avec l’actuel propriétaire).
- Initier des formations aux métiers du patrimoine.
- Créer un musée de la ville.
- Initier une procédure administrative pour faire au « Vieux Rufisque » une « Zone de Rénovation Urbaine ».
- Aménager un parcours sportif sur la zone côtière.
- Promouvoir la ville de Rufisque.


ANNEXE II

ATELIER 2 « ARTS VIVANTS »

RECOMMANDATIONS

- Initier des Cycles de formation de courte durée dans les métiers de la création, de la production et de la gestion artistique et littéraire.

- Aménager des espaces polyvalents (Maison de la Culture et Bibliothèque Municipale au niveau de la ville et centres socio culturels au niveau des Communes d’Arrondissement) de création et de diffusion culturelles.

- Soutenir les évènements culturels de la ville.

- Soutenir les initiatives privées de production culturelle.

- Initier un grand évènement fédérateur regroupant toutes les formes d’expression artistiques et culturelles de la ville de Rufisque. Cet évènement pourrait porter le nom suivant : FESTIVAL DES ARTS DE RUFISQUE (FAR).


ANNEXE III

ATELIER 3 : « ARTS VISUEL ET ARTISANAT »

RECOMMANDATIONS

- Aménager un « Village des Arts ».

- Réhabiliter un entrepôt désaffecté situé dans « l’escale » pour abriter une Galerie d’Artisanat et d’Art.

- Elaborer un Répertoire des Artisans de la ville.

- Réhabiliter et assainir le village artisanal.

- Impliquer les Artistes et Artisans dans l’embellissement de la ville et dans les déplacement du Député-Maire à l’extérieur.

- Créer un périodique d’information.

- Renforcer les capacités des acteurs.

- Instituer un crédit populaire municipal.

- Soutenir les artisans pour une présence régulière aux grandes rencontres de promotion nationales et internationales.

Voir tous les articles sur le site
 
 

Haut de page