La cérémonie inaugurale a été
présidée par Monsieur Ndiawar TOURE Député Maire de la
ville, en présence des conseillers municipaux, des
hommes et femmes de culture, des artistes et artisans et
d’un nombreux public.
S’appropriant les termes de
référence du forum, Monsieur TOURE a rappelé qu’au-delà
du cadre formel et ponctuel de la rencontre, il est
nécessaire que des consensus durables, inclusifs et
participatifs puissent émaner des travaux de cette
rencontre inédite. Cette importante convergence de vues
sur les enjeux du forum et les solutions qui seront
préconisées en réponse aux défis culturels qui
interpellent toute la cité, devra être défendue de
manière forte par l’ensemble des citoyens de la ville.
Auparavant, Monsieur Yérim SARR
Président de la Commission Artisanat avait présenté au
nom des membres de sa commission et des acteurs
culturels ses remerciements les plus sincères à Monsieur
le Député Maire de Rufisque. Il relèvera aussi pour s’en
réjouir l’importance du forum comme espace de
concertation longtemps souhaité par toute la communauté
culturelle de la ville de Rufisque. Le Conseil
Municipal, les collaborateurs du Maire et l’ensemble de
la population ont été confondus dans ce témoignage de
gratitude.
Enclenchant sur la même
tonalité, Monsieur Sahite Sarr SAMB, coordonnateur du
Forum et porte-parole de la Fédération des Acteurs
culturels de la ville, a vivement félicité Monsieur le
Député Maire pour sa récente promotion au rang de 6ème
Vice Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal. Cela
constitue pour tous les Rufisquois le couronnement
mérité d’un parcours marqué par un engagement sans
faille au service d’une ville et d’un pays.
Monsieur SAMB a ensuite essayé de camper le contexte
socio culturel dans lequel intervient le forum en
déplorant les multiples contraintes qui bloquent
l’émergence de la ville de Rufisque.
Cette dernière jadis ville
carrefour au dynamisme économique et culturel
incontestable, est devenue au fil du temps un simple de
lieu de transit entre la métropole Dakaroise et
l’intérieur du Sénégal.
Conscients de cet état de fait
qui est un handicap majeur pour le développement intégré
et durable de Rufisque, les acteurs culturels locaux ont
pris l’initiative d’organiser ce forum pour interroger
le présent et se projeter vers un futur proche porteur
d’espérances culturelles.
Les travaux des ateliers ont
démarré dans l’après midi du 25 juin à partir de 15
heures.
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1.
ATELIER « PATRIMOINE ET TOURISME CULTUREL »
• Président-Modérateur : Mbaye
Bassine DIENG, Inspecteur des Sites et Monuments
Historiques au Ministère de la Culture, du Patrimoine
Historique Classé des Langues Nationales et de la
Francophonie (MCPHCLNF).
• Rapporteur : Souleymane NGOM,
Conseiller Technique au MCPHCLNF.
L’Atelier a écouté
respectivement les communications présentées par :
- Pape Mama SABARA, Président du Syndicat d’Initiative
et de Tourisme
de Rufisque.
- Monsieur Momar SOUARE, Directeur des Services
Techniques Communaux.
- Monsieur Amadou FAYE, de la Direction du Patrimoine
culturel.
Monsieur SABARA a proposé au
forum quatre perspectives d’analyse :
- Le Patrimoine, facteur de
développement économique.
- La Ville et la Culture.
- Le Patrimoine de Rufisque.
- Tourisme culturel et Patrimoine.
D’emblée le conférencier a tiré sur la sonnette d’alarme
quant aux périls liés aux tendances d’uniformisation des
cultures induits par le phénomène de mondialisation.
Pour faire face à de telles dérives Monsieur SABARA a
préconisé la valorisation des ressources culturelles
endogènes des communautés. La communication a aussi mis
en évidence l’ambivalence du terme patrimoine qui
recouvre à la fois une réalité culturelle et économique.
C’est pourquoi, le patrimoine bénéficie d’une attention
particulière des investisseurs publics et privés.
Cependant il faut noter que la sauvegarde du patrimoine
urbain doit se baser sur une interactivité entre
plusieurs facteurs ; la restauration d’un centre
historique classé doit donc faire appel aux ressources
et expertises locales.
Dans une telle perspective qui
de l’homme ou de l’environnement doit être privilégié ?
La réponse intégrera les deux
entités qui sont en réalité fortement interdépendantes.
Le second axe de l’analyse du
conférencier a reflété la centralité de la ville dans
tous les processus modernes de création et d’innovation
culturelles. Les rencontres culturelles comme les
foires, festivals et carnavals sont des opportunités
pour le développement local de l’économie et de la
culture.
Dans son troisième axe
d’analyse, le conférencier a donné des informations
utiles sur la réalité du patrimoine de la ville de
Rufisque. A travers un bref historique, il a mis en
valeur les étapes majeures de l’évolution de cette
localité qui a été érigée en commune le 12 Juin 1880.
Ainsi Rufisque s’est dotée au cours de son histoire
d’édifices à l’architecture majestueuse.
De nos jours, ce riche
patrimoine qui est mal connu, se trouve dans un état de
délabrement fort avancé. Cette évolution négative doit
être endiguée par des mesures vigoureuses de sauvegarde
et de valorisation.
La mobilisation de toutes les
énergies de Rufisque s’impose afin de redorer le blason
de cette ville pour l’ériger en un haut lieu
d’excellence pour le tourisme culturel. C’est pour
réussir un tel pari que le Syndicat d’Initiative et de
Tourisme de la ville a soumis à la Direction du
Patrimoine culturel un projet d’inscription du Vieux
Rufisque sur la liste indicative du patrimoine mondial
de l’UNESCO.
A la suite de Monsieur SABARA,
il est revenu à Monsieur SOUARE, Directeur des Services
Techniques Communaux de faire un plaidoyer sur le
patrimoine qui est une réalité complexe et
multidimensionnelle.
C’est pourquoi sa gestion peut
parfois revêtir un caractère ambigu et / ou ambivalent.
A côté des exemples de gestions réussies, il existe des
cas mal maîtrisés qui ont induit des contraintes
physiques et financières.
Le communicateur a ensuite
apporté des éclairages sur la signification du terme
patrimoine. Une première approche permet en effet
d’identifier le patrimoine d’une ville à ses biens
immeubles et mobiliers, tandis qu’une seconde propose
une perception plus totalisante qui englobe tout le
système urbain. Cette dernière permet d’ailleurs
d’établir une interaction entre le tourisme et le
patrimoine qui sont des sources alternatives de revenus
et d’emplois pour les populations.
Pour exploiter un tel potentiel
économique il faudrait prendre un certain nombre de
dispositions préalables comme :
• Améliorer le cadre de vie
urbain par : l’assainissement de tous les quartiers, la
création d’une rocade pour faciliter la mobilité
urbaine, l’érection d’une digue de protection pour
contrecarrer l’érosion côtière et l’avancée de la mer.
• Favoriser la concertation
entre tous les citoyens de la ville.
Monsieur Amadou FAYE de la
Direction du Patrimoine culturel s’est quant à lui
intéressé en particulier à l’histoire de la ville dont
la toponymie renvoie à l’expression Portugaise « Rio
Fresco ». En 1862, la ville était déjà organisée en une
structure dualiste : l’escale et les quartiers
traditionnels. L’escale se caractérise par une
architecture coloniale avec la présence particulière de
grands hangars construits avec la « pierre de Rufisque
».
Malgré l’existence de menaces
réelles, la situation du patrimoine à Rufisque n’est pas
alarmante. Cependant les règlements qui organisent les
interventions sur le patrimoine ne sont pas souvent
respectés. Qui plus est, on note une forte spéculation
immobilière au niveau de la ville. Monsieur FAYE a étayé
son argumentaire par une projection vidéo sur la liste
indicative des monuments classés de Rufisque.
A la suite de ces différentes
communications des débats riches et contradictoires ont
été engagés. Les différents intervenants sont revenus
sur les principaux problèmes constatés sur le terrain.
L’ensemble de ces problèmes
analysés ont conduit à la formulation des
recommandations jointes en annexe.
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2.
ATELIER « ARTS VIVANTS »
• Président-Modérateur : Yakhya
NDOYE, Conseiller Technique au MCPHCLNF.
• Rapporteur : Abibou COLY, de
la Direction du Livre et de la Lecture du MCPHCLNF.
L’atelier a enregistré la
participation de plusieurs professionnels du théâtre, de
la musique et de la danse. La communication de Mame
Birame DIOUF a servi de fil conducteur pour la réflexion
et les débats. A l’entame de son propos, Monsieur DIOUF
a fait un état des lieux et un historique du
sous-secteur des arts vivants en établissant une
comparaison entre la période faste des « 4 communes » et
le contexte actuel marqué par une réelle crise
structurelle.
La promotion des arts vivants à
Rufisque est surtout pénalisée par la quasi inexistence
d’espaces et de dispositifs de production et de
diffusion. Il existe aussi au sein des acteurs un
déficit de formation et de professionnalisation. Le
conférencier a cité la Charte Culturelle du Sénégal dans
laquelle on évoque avec force la question de la
formation qui doit être un critère essentiel pour
assainir les pratiques artistes et culturelles afin
d’assurer une production d’œuvres de qualité.
Il a aussi suggéré une approche
originale pour améliorer les comportements des
populations qui doivent participer de manière positive à
la gestion de leur cité. En fait il s’agit de mettre en
valeur par l’expression culturelle les éléments de base
de l’éducation traditionnelle qui avaient comme source
de transmission les « Pëncc » et l’ensemble des
manifestations qui participaient à l’expression des
éléments du patrimoine immatériel.
En conclusion, Monsieur DIOUF a
invité tous les acteurs et militants de la culture de
Rufisque à mutualiser leurs efforts et expertises pour
procéder à la formulation d’une politique culturelle
locale porteuse d’un réel développement endogène.
Au cours des débats, les
participants ont surtout insisté sur la nécessité de
mettre en œuvre une action culturelle fondée sur la
concertation entre la municipalité, les acteurs
culturels locaux et les différents partenaires de la
(Ministère de la culture, du patrimoine historique
classé, des langues nationales et de la francophonie, et
coopération décentralisée). En ce qui concerne la
formation, l’atelier a considéré qu’elle doit être une
priorité dans les futures actions à entreprendre.
L’ensemble des problèmes
analysés au sein de cet atelier ont conduit à la
formulation des recommandations jointes en annexe.
3.
ATELIER « ARTS VISUELS ET ARTISANAT »
• Présidents-Modérateurs :
Lamine GUEYE de la Chambre des Métiers de la Région de
Dakar et Alassane CISSE, du FESMAN / MCPHCLNF.
• Rapporteur : Oumar DIA, de la
Chambre des Métiers de la Région de Dakar.
Dans sa communication introductive pour les réflexions
et débats de cet atelier, André Doudou NDIAYE a procédé
à une revue succincte et exhaustive des contraintes qui
entravent au niveau local la promotion de ces deux sous
secteurs. Les échanges entre les participants se sont
ensuite déroulés dans le même style qui a consisté à
lister un certain nombre de recommandations pratiques
annexées au présent rapport.
La cérémonie officielle de clôture du forum s’est
déroulée le 26 Juin à
19 h 15 mn sous la présidence de Monsieur Mamadou
DIALLO, Conseiller Municipal, Représentant du Député
Maire de la Ville de Rufisque. Dans son discours de
clôture Monsieur DIALLO a surtout insisté sur le suivi
des recommandations et propositions du forum. C’est
pourquoi, il a marqué son adhésion à l’idée
d’établissement d’une convention de partenariat entre la
Ville de Rufisque et la Fédération des Acteurs
culturels.
Fait à Rufisque le 26/06/2008
LE FORUM
ANNEXE I
ATELIER 1 « PATRIMOINE ET
TOURISME CULTUREL »
RECOMMANDATIONS
- Délocaliser le marché central
situé dans le « Vieux Rufisque ».
- Assainir et aménager la zone côtière en impliquant les
ASC et OCB de la
Ville.
- Apporter un appui à toutes les initiatives visant à
améliorer le cadre de
vie.
- Soutenir les initiatives de promotion du tourisme.
- Elaborer un Agenda Culturel annuel de la ville.
- Inscrire le Ndepp annuel et le Rite de procession de
Mame Coumba LAMBA dans l’Agenda culturel National.
- Elaborer une Charte pour la Sauvegarde et la
Valorisation du patrimoine de la ville.
- Mettre au service de la ville un architecte conseil.
- Mettre en place une structure ou un dispositif de
gestion de l’action culturelle de la ville.
- Faire l’inventaire architectural et urbain du « Vieux
Rufisque ».
- Réactualiser la cartographie et le plan cadastral de
la ville.
- Doter la ville d’un Agenda 21.
- Mettre en place un Comité de Concertation Technique
sur le Patrimoine et le Tourisme.
- Elaborer un règlement d’architecture pour les
constructions dans le « Vieux Rufisque ».
- Mettre en place une signalitique pour les sites ,
monuments et lieux de mémoire de la ville.
- Mettre en valeur la maison de l’écrivain Ousmane Socé
DIOP (en accord avec l’actuel propriétaire).
- Initier des formations aux métiers du patrimoine.
- Créer un musée de la ville.
- Initier une procédure administrative pour faire au «
Vieux Rufisque » une « Zone de Rénovation Urbaine ».
- Aménager un parcours sportif sur la zone côtière.
- Promouvoir la ville de Rufisque.
ANNEXE II
ATELIER 2 « ARTS VIVANTS »
RECOMMANDATIONS
- Initier des Cycles de
formation de courte durée dans les métiers de la
création, de la production et de la gestion artistique
et littéraire.
- Aménager des espaces
polyvalents (Maison de la Culture et Bibliothèque
Municipale au niveau de la ville et centres socio
culturels au niveau des Communes d’Arrondissement) de
création et de diffusion culturelles.
- Soutenir les évènements
culturels de la ville.
- Soutenir les initiatives
privées de production culturelle.
- Initier un grand évènement
fédérateur regroupant toutes les formes d’expression
artistiques et culturelles de la ville de Rufisque. Cet
évènement pourrait porter le nom suivant : FESTIVAL DES
ARTS DE RUFISQUE (FAR).
ANNEXE III
ATELIER 3 : « ARTS VISUEL
ET ARTISANAT »
RECOMMANDATIONS
- Aménager un « Village des
Arts ».
- Réhabiliter un entrepôt
désaffecté situé dans « l’escale » pour abriter une
Galerie d’Artisanat et d’Art.
- Elaborer un Répertoire des
Artisans de la ville.
- Réhabiliter et assainir le
village artisanal.
- Impliquer les Artistes et
Artisans dans l’embellissement de la ville et dans les
déplacement du Député-Maire à l’extérieur.
- Créer un périodique
d’information.
- Renforcer les capacités des
acteurs.
- Instituer un crédit populaire
municipal.
- Soutenir les artisans pour
une présence régulière aux grandes rencontres de
promotion nationales et internationales.