LIBRE
OPINION
Le mur de l’insécurité ? par
Aly Sine Colobane II Nord Rufisque Tel
: 551 11 99
E-maill : sinealy@yahoo.fr
Depuis quelques temps, nous avons constaté la
construction d’un mur de clôture le long de la voie ferrée dans la région de
Dakar. Projet qui participe, naturellement, à la protection et la sécurisation
de l’emprise ferroviaire. Ce qui est une mesure de sauvegarde. Cependant, notre
inquiétude est dans la conception de l’ouvrage.
En effet, si le maître d’ouvrage veut d’un mur de clôture d'une hauteur
dépassant celle d’un homme (plus de 3,5m de hauteur), nous sommes en droit de
nous inquiéter. La voie ferrée a constitué et constitue encore une niche, un
refuge pour les malfaiteurs. Les faits sont là. Toutes les agressions de
personnes ou bien même les crimes commis dans les quartiers qui la jouxtent ont
été faits sur les rails. Ou que la voie ferrée a été/ constitue le dépotoir de
cadavres humains. On ne peut compter le nombre de victimes dans les ville de
Thiaroye, Pikine et Rufisque.
A cet effet, pourquoi construire un mur qui érigerait la voie ferrée en
véritable « bunker » ? La construction de ce mur ferait de la voie ferrée le lit
du grand banditisme.
A titre d’exemple, supposons qu’après l’érection du mur, les différentes portes
qui seront aménagées pourront servir de lieux propices pour guetter, la nuit,
toute personne devant les franchir. Toute personne qui s’engage à traverser la
voie ferrée s’expose, potentiellement, à une agression du fait qu’elle s’isole
complètement de la vue des personnes hors du mur et, naturellement, à un danger
et une psychose permanents. Au moment où la personne s’affronte à un agresseur,
même ceux qui veulent le secourir auront tarder à le faire du fait qu’il serait
dangereux de s’engouffrer dans un milieu fermé et sombre certainement (même les
lampes qui y seront installées seront endommagées). Depuis qu'une partie du mur
a été faite, aucune lampe n'est installée et des actes d'agression sporadiques
sont notés, la nuit et, la peur de traverser les rails gagne de plus en plus les
populations.
Ainsi, nous pensons que pour plus de sécurité, il serait plus raisonnable de
faire d'un mur de clôture « mi-construit - mi-barrière ferrée comme au niveau
des différents "passages à niveau". De ce fait, on verrait tous ce qui se passe
ou se passerait à l’intérieur du mur et on traverserait la voie ferrée sans
arrière pensée aucune, librement et tranquillement ; en toute sécurité. L'idéale
est que le maître d’ouvrage revoit le projet pour éviter d’exposer les
populations à une psychose et un danger permanents de traverser les rails. Il y
va de la sécurité des populations.
Par ailleurs, il faut noter que le mur fait obstruction aux eaux de
ruissellement des quartiers à haute altitude vers ceux à basse altitude.
L’exemple des quartiers de Arafat et Colobane à Rufisque, situés respectivement
à basse et hautes altitude. Ce qui crée des inondations dans les quartiers à
basse altitude pendant l'hivernage. Cette année, les abords du mur ont été de
véritables mares temporaires.
En outre, l'érection du mur comporte des conséquences sur le plan :
- social : on assistera à un "isolement social" et une "coupure sociale" sans
précédent dans l’histoire commune des ces habitants liés par l’histoire et la
géographie et qui entretiennent d’excellentes relations sociales et de bon
voisinage. Eléments essentiels dans la culture des peuples du Sénégal ;
- économique : les boutiques situées de l’un comme de l’autre coté des rails
perdent de leurs clientèles ;
- de révolte : les populations se montrent hostiles au mur et créent des
passages en le faisant tomber par endroits.
Cependant, il est important de signaler qu’à travers cette contribution, nous
voulons aviser et sensibiliser toutes les autorités et les populations sur les
éventuelles perturbations qui pourraient naître de l’érection de ce mur de
clôture, avant que l’irréparable ne se produise. Et souhaitons vivement que
d’autre voix plus autorisées (société civile, organisations de défense des
droits de l’homme) se prononcent sur la question.
Néanmoins, il appartient aux autorités des différentes collectivités locales
traversées par la voie ferrée et son mur de « bunker » de prendre leur
responsabilité et d’approfondir la réflexion sur la question pour défendre la
sécurité future de leurs populations. Notre devoir se limite simplement à
émettre un avis sur une question d’intérêt national en tant que citoyen et nous
souhaitons que notre préoccupation, qui est aussi celle des populations,
trouvera un écho favorable.
Nous appelons à l’engagement personnel des autorités et à la conscience
citoyenne pour qu'une grande diligence soit accordée à ce problème de sécurité
nationale.
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