Les
éboueurs de Rufisque réclament
seize mois de salaire : La
mairie, indexée, se décharge sur
la Senelec
Sources
:
Walf Fadjri
25-09-08
Si rien
n'est fait jusqu'au dimanche 28
septembre 2008, une grande
marche sera organisée contre la
Senelec. L’annonce est des
éboueurs de la ville de Mame
Coumba Bang qui réclament seize
mois de salaire à la
municipalité de Ndiawar Touré.
(Correspondance) - Les éboueurs
de la Ville de Rufisque
réclament seize mois d’arriérés
de salaire à la mairie de
Rufisque. La première rencontre
avec les autorités municipales
ne s’est arrêtée qu’aux
promesses. Aujourd’hui, après
des semaines d’arrêt, les
éboueurs très remontés veulent
en découdre avec le maire
Ndiawar Touré. ‘Depuis seize
mois, nous curons les canaux
pour lutter contre la présence
des moustiques et du paludisme
récurrent. Nous nettoyons les
rues et ruelles des quartiers de
la ville pour éloigner la saleté
et le choléra de nos murs.
Malheureusement, nous ne voyons
pas le bout du tunnel avec des
salaires impayés depuis seize
mois’, se désole le porte-parole
des éboueurs, Ibrahima Ndoye qui
soutient être parfaitement
conscients de la volonté du
député maire, Ndiawar Touré, de
régler cette lancinante
question. Pour le moment, les
éboueurs ont décidé d’arrêter le
travail. ‘Nous ne reprendrons
que quand nous serons payés’,
lance Ibrahima Ndoye.
L’assemblée générale, qui a vu
la participation des dizaines
d’éboueurs, a permis de parler
des difficultés qui assaillent
la corporation. ‘Non seulement,
nous sommes dans une situation
d'appauvrissement continue, mais
les divorces sont légion en
notre sein. Depuis seize mois,
beaucoup d'eau a coulé sous les
ponts et nous avons traversé les
instants les plus difficiles de
notre existence, nous et nos
familles respectives. Nos
enfants connaissent des
problèmes d'éducation, de santé,
d'intendance…’, regrette Mamadou
Sall qui ajoute ‘nous sommes
incapables d'honorer nos
factures d'eau et d'électricité.
Ceux d'entre nous qui ne sont
pas suffisamment armés risquent
de perdre leur dignité d'homme.
Nous sommes en plein mois de
Ramadan avec ses exigences, nous
allons vers la Korité et les
rentrées scolaires avec son lot
de charges et rien ne semble
bouger pour trouver des
solutions à nos problèmes’.
La
contestation des éboueurs risque
de ne pas trouver un écho
favorable du côté de la mairie.
A l’institution municipale, l’on
soutient que c'est la Senelec
qui empêche à la ville de
respecter ses engagements.‘A
cause d'un milliard de francs
Cfa que cette entreprise doit
verser à la municipalité, nous
n’arrivons pas payer nos dettes.
De promesses en promesses non
tenues, la situation s’empire.
Non seulement les fêtes
s’approchent, mais la Senelec
nous met en mal, avec certains
de nos créanciers’, soutient une
autorité municipale.
La
Senelec, toujours prompte à
priver d'électricité les abonnés
qui ne s'acquittent pas de leurs
factures, doit de l'argent à la
mairie de Rufisque. Les éboueurs
de Rufisque sont prêts à toutes
les actions possibles et
imaginables pour rentrer dans
leurs droits inaliénables.
‘C'est pourquoi, nous
sollicitons l'intervention du
chef de l'Etat, Me Abdoulaye
Wade, auprès de cette entreprise
pour que l'argent dû soit versé
pour le compte de la Mairie ;
mais surtout pour que nos
familles ne meurent pas de
misère’, lancent-ils. Et ‘si
rien n'est fait jusqu'au
dimanche 28 septembre 2008,
annoncent nos interlocuteurs,
une grande marche sera organisée
contre la Senelec. Une marche
qui verra la mobilisation des
éboueurs, de leurs familles et
de toutes les forces sociales
éprises de justice et d'équité’.
Najib
SAGNA |