LIVRE
L’itinéraire
politique de Mbaye Jacques Diop revisité
Sources Sud Quotidien
Le journaliste Sidy Diop vient de publier un ouvrage
sur l’ancien maire de Rufisque, intitulé « Mbaye Jacques Diop… ». L’ouvrage
tente de retracer l’itinéraire politique du premier et dernier Président du
Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales (CRAES), un
homme qui s’est forgé dans des combats durs et variés depuis sa tendre enfance.
Publié aux éditions Panafrika, le livre sera dédicacé aujourd’hui, samedi 18
avril, dans les locaux de la librairie Quatre Vents de Mermoz.
Mbaye Jacques Diop raconté par le journaliste Sidy Diop
dans un livre-portrait publié aux Editions Panafrika, 2008 et dont la cérémonie
de dédicace est prévue ce samedi à la librairie Quatre Vents (Mermoz, Dakar).
L’auteur a plutôt mis l’accent sur l’homme politique qui n’avait, depuis sa
tendre jeunesse, qu’une seule obsession : le pouvoir et l’argent, comme il
aimait à le répéter à ses camarades de la faculté de Sciences Juridiques.
D’ailleurs, il nous aura prévenus : à travers cette biographie, l’auteur dit ne
pas chercher l’évolution secrète d’une personnalité, ses sentiments et ses
idées. Pouvait-il en être autrement si l’on sait que l’homme est un nœud de
complexités aux profondeurs parfois insondables ?
Ainsi, dans cette vaste clôture qu’est la vie de Mbaye Jacques Diop, l’auteur
creuse un sillon : la dimension politique de l’homme. Le récit qu’il déroule
retrace, pas à pas ou à grandes enjambées, parce qu’alliant l’essentiel et
l’accessoire. l’itinéraire de l’ancien édile de Rufisque. Passant d’un lieu à un
autre, et en fermant le livre, le lecteur est tenté de conclure sur le parcours
politique atypique de Mbaye Jacques Diop. Celui que la nature n’a pas « gâté »,
puisque victime de l’absence précoce de son père du foyer familial, a mis en
pratique la philosophie de sa mère qui ne cessait de lui rappeler : « une seule
dent doit être de blancheur » et d’ajouter : « tu es seul, tu n’as personne pour
t’aider. Tu dois travailler dur pour réussir dans la vie. Mais tu es bien né,
n’accepte jamais d’être inférieur à qui que ce soit ».
Ce « formatage » n’explique-t-il pas, en partie, son goût du pouvoir et des
honneurs ? Déjà, au secondaire, il prenait très au sérieux son titre de «
délégué de classe ». L’ancien maire de Rufisque a très tôt compris que la vie
est un vaste champ où seuls les combattants, c’est-à-dire ceux qui donnent et
portent des coups, ont droit à un titre foncier. Il a appris à ne compter que
sur ses propres forces, seule façon de donner sens à la vie. Cette carapace
l’aidera à se frayer un chemin dans l’univers « terrifiant » de la politique.
Mbaye Jacques Diop est un militant socialiste engagé. En août 1958, à la Place
Protet, actuelle Place de l’Indépendance, il fait partie des porteurs de
pancartes qui réaffirmaient l’indépendance immédiate du Sénégal. Il entretenait
de bonnes relations avec l’ancien président Léopol Sédar Senghor qui était son
maître à penser. D’ailleurs, il se verra confier quelques responsabilités par ce
dernier.
Mais c’est sous Abdou Diouf que la vie politique de Mbaye Jacques Diop deviendra
une galère. L’auteur le désigne d’ailleurs sous le nom de « légitimiste en mal
de refondation ». Les ennuis commencent avec le 13 ème congrès du Parti
socialiste (Ps), communément appelé « Congrès sans débat ». Un nouveau
secrétariat exécutif de 34 membres présidé par Ousmane Tanor Dieng, est porté
sur les fonts baptismaux. La première conséquence de ce changement, c’est le
départ du Bureau politique des « légitimistes » dont Mbaye Jacques Diop.
Le nouveau maître des lieux place ses hommes partout et cela au détriment des
anciens du parti. Mais l’ancien maire de Rufisque va se révolter, après s’être
vu refuser le poste de Questeur à l’Assemblée nationale, au profit de son rival
Mar Diouf qui est présenté comme l’homme de Tanor. Il a donc fallu une médiation
pour que le Premier Secrétaire et Mbaye Jacques Diop arrondissent les angles.
Mais la trêve fut de courte durée, « puisque le responsable de la 8ème
coordination socialiste marche sur un tapis incandescent. Et chaque fois qu’il
espère soulager ses pieds meurtris, on dresse une fournée de braises ardentes
sur son chemin », souligne l’auteur. Lors de l’élection présidentielle de 2000,
sa maison est attaquée.
Le socialiste n’a pas senti le soutien de ses camarades, Abdou Diouf en tête.
Mais les relations entre Mbaye Jacques et sa famille socialiste se sont
tellement détériorées qu’il finira par quitter le Ps, entre les deux tours de la
présidentielle de 2000. Son nouveau parti va fusionner avec le Pds. Il sera
nommé par le Président de la République, Me Wade à la tête du Conseil de la
République pour les affaires économiques et sociales.
C’est ce personnage complexe que Sidy Diop tente de dé-couvrir dans les 171
pages de son livre intitulé « Mbaye Jacques… ».
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