Rufisque: un passage
obligé
Rufisque est le passage obligé pour entrer dans la capitale -Dakar- ou
en sortir. Sa particularité est qu'elle est le seul département à
comprendre une zone urbaine et rurale. Commençant par la ville de
Rufisque, l'image qu'elle donne aux voyageurs se limite généralement à
l'architecture coloniale, au désordre et à l'insalubrité qu'ils
constatent de part et d'autre de la route nationale. Cette image n'est
d'ailleurs pas totalement fausse, mais gagnerait à être complétée.
La commune de Rufisque s'étend sur 42 km² et compte environ 179 797
habitants (recensement 2002) répartis dans 92 quartiers.
Jadis, ville florissante en raison notamment du port qui polarisait la
plupart des activités économiques Rufisque présente aujourd’hui un
visage, pour le moins alarmant. En effet, l’urbanisation a démarré avec
les lébous pêcheurs, ethnies dominantes autour de la zone portuaire, et
s’est propagée assez lentement vers l’Est et l’Ouest, avant de se
développer vers le Nord. Ainsi, aux lébous autochtones et majoritaires
se sont ajoutés d’autres ethnies venues du Nord (Halpularen…) ; du Sud
(Diola, Mandingue, Manjack…)
Insalubrité:
la
ville de Rufisque compte actuellement 13 canaux d’une longueur de 12
km et des rigoles. Ces infrastructures sont pour l’écrasante majorité à
ciel ouvert et ont été mises en place durant la période coloniale. En l’absence
d’un système d’évacuation complémentaire conséquent, les canaux
reçoivent les eaux usées chargées de particules et même de déchets
solides d’où un écoulement très lent voire même stagnation en saison
sèche
L’environnement urbain est ainsi dominé par l’insalubrité des quartiers,
par le caractère obsolète des équipements, par l’encombrement humain
dans les vieux quartiers et par l’extension anarchique de l’habitat.
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Les caractéristiques
démographiques
Lors du recensement général de la population et de l’habitat de 1998, la
population s’élevait à 137 149 habitants avec un taux d’accroissement de
3,32%.Elle tourne aujourd’hui autour de 260 000 habitants. Elle est
inégalement répartie dans l’espace. Les plus fortes concentrations
humaines se retrouvent dans le noyau central (Keury Souf, Keury Kao),
autour des quartiers centraux (Dangou) et dans certains quartiers non
structurés qui concentrent la pauvreté et la population de provenance
rurale (Gouye Mouride).
La répartition par âge montre que la population est jeune dans son
ensemble, en effet, 66% de la population a moins de 25 ans. La
répartition par sexe montre la prédominance des femmes dans tous les
quartiers. Elle s’expliquerait par le nombre supérieur de naissances
féminines mais aussi par la fuite des hommes vers la capitale à la
recherche de revenus corrects.
Cette population connaît dans l’ensemble des conditions de vie peu
favorables. Et pourtant Rufisque enregistre un accroissement rapide de
la population, alimenté notamment par l’exode rural et les migrations de
Dakar vers Rufisque contrastant avec la régression économique de la
ville d’où le développement du chômage et de la pauvreté.
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Les caractéristiques
socio-économiques
Rufisque était une ville très dynamique avec de nombreuses activités
développées autour du port (de nombreuses unités de transformations et
de conservation). Mais avec le transfert du port à Dakar et la politique
de démantèlement des usines, le cadre socio-économique se caractérise
par l’absence d’activités économiques significatives et donc le
dépérissement du tissu industriel, la faiblesse des revenus, un chômage
grandissant et surtout une pauvreté urbaine.
On remarque alors que hormis les quartiers à habitat planifié, plus on
s’éloigne du noyau central où se concentre l’essentiel des équipements,
plus la pauvreté s’intensifie.
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Les infrastructures
sanitaires
Il faut noter qu’il y a un bon maillage du département avec une
trentaine de postes de santé, et 2 centres de santé, en plus de 3
cliniques. Mais la pauvreté des populations limite leur accès à
certaines structures (les privées sont souvent mieux équipées mais aussi
plus coûteuses). Les structures d’accueil sont généralement délabrées et
mal équipées, sauf les centres de santé Youssou Mbargane DIOP à Rufisque
(voir photo) et Elisabeth DIOUF à Diamniadio
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